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Alda Sigmundsdóttir

Le petit livre du peuple caché

Le petit livre du peuple caché

Prix habituel 15 €
Prix habituel 15 € Prix soldé 15 €
En vente Épuisé
Taxes incluses.
Edition

// Essai // Humour // Histoire // Contes // parution :  2015, traduction française 2017 // 128 pages

Alda Sigmundsdóttir n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat. Selon elle, la majorité des Islandais·es ne croient ni aux elfes ni aux trolls mais aiment à jouer avec cette image que la presse internationale leur a collée, quitte à en tirer quelques avantages commerciaux.

S’il est difficile de la contredire sur ce dernier point -quand on observe le développement des « produits dérivés » elfiques et trollesques qui envahissent les magasins à touristes du centre de Reykjavik- on a le droit de préférer la version poétique d’une croyance encore bien ancrée, qui continue à influencer la vie quotidienne et le tracé des routes. (voir à ce sujet les liens sur le blog de la galerie).

Quoi qu’il en soit, Alda propose de ces contes, encore très ancrés dans la culture islandaise, une lecture pleine d’à-propos, remise dans le contexte de leur création et de leur transmission au fil des siècles.

Parlant des conditions de vie de ses ancêtres : « En résumé : on avait une vie de chien /…/ Les histoires (leur) furent d’un grand secours. Elles étaient le Prozac des Islandais, elles leur offraient un refuge contre le sort cruel auquel ils étaient exposés ».  (p11).

Très prosaïquement, les naissances hors mariage (illégales) trouvaient à s’expliquer par les « amants des mortelles », ces elfes masculins beaucoup plus beaux et élégants que leurs voisins humains ; les fortunes et infortunes des paysan·ne·s étaient liées au bon vouloir des elfes apparus en rêve et dont les requêtes avaient été exaucées ou non par les pauvres mortel·le·s ; les enfants disparu·e·s dans le brouillard ou la neige en allant garder les moutons avaient en fait été recueilli·le·s par les elfes auprès desquels iels coulaient une vie paisible et plus luxueuse.

Au sein des 6 recueils publiés entre 1954 et 1961 et qui constituent une collecte considérée comme exhaustive (un travail de fourmi débuté au milieu du XIXe siècle), Alda a sélectionné 20 histoires reproduites dans leur concision, leurs ellipses et leur cruauté parfois déroutantes, et les commente brièvement au regard du reste du corpus ou de la sociologie de l’époque.

Qu’on préfère y croire ou pas, cela en dit beaucoup sur la place de l’imaginaire au service de l’ordre établi.

 

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