EXPO ET RENCONTRES pêche, aquaculture et tourisme dans les fjords de l'Ouest islandais
Programmé dans le cadre du Festisol du Pays de Morlaix "environnement et droits des peuples". >>>
Du 5 octobre 2026 au 10 janvier 2027, Ísland accueille l’exposition Fjord: Anatomie d'un socio-écosystème, compte-rendu d’une résidence scientifique et artistique dans les fjords de l’ouest islandais menée en 2023, à bord du voilier Peter Pan.
L’exposition est accompagnée de deux rencontres
Samedi 10 octobre 17h / 19h Les fjords de l'ouest islandais : un système socio-écologique en mutation Conférence et débat avec Anatole Danto, anthropologue maritime et polaire.
Samedi 28 novembre 17h/19h Extractivismes et rapports de pouvoir : l’Arctique en mutation Conférence et débat avec Gaëlle Lefeuvre, réalisatrice de documentaires, et Anatole Danto, anthropologue maritime et polaire.
Entrée libre. Réservation conseillée par mél ou tél. 07 59 66 11 51

carte de l’Isafjarðardjúp et des sites étudiés © Jules Danto
Le Peter Pan est un voilier amarré à Ísafjörður, plus grande ville (avec moins de 3 000 habitants…) des Fjords de l’Ouest islandais, qu’il sillonne chaque année depuis 2022 en accueillant des résidences de recherche scientifiques et artistiques.
En 2023, ce sont le peintre Thomas Auriol, l'halieute[1] Jules Danto et l'anthropologue Anatole Danto qui ont embarqué pour quelques semaines.
Ce dernier s’est attaché à documenter le socio écosystème du Ísafjarðardjúp (littéralement « profond fjord glacé »), c’est à dire les interactions entre la société humaine implantée de longue date dans la région et l’écosystème au sein duquel elle évolue, en examinant 4 sujets
- le système économique (biens et services)
- le système écologique (ou biophysique : les écosystèmes)
- le système socio-anthropologique (valeurs et représentations)
- et le système politique (relations de pouvoir).
[1] Ingénieur, spécialiste des sciences de la pêche

Ecomusée de Bolungarvik © Jules Danto
Dans cette région aux eaux très poissonneuse, ce sont évidemment la pêche puis la chasse à la baleine qui ont motivé et structuré l’implantation humaine, malgré l’isolement et le climat particulièrement rude.
L’industrialisation progressive de la pratique et l’installation récente de fermes piscicoles à capitaux norvégiens ont -on pouvait s’y attendre- de forts impacts sur l’environnement et les débats sont vifs localement. Notamment depuis les avaries sur des parcs de l’Est dont les saumons, porteurs du « pou du saumon » ont été retrouvés en train de contaminer leurs cousins de l’Ouest fin 2023. Björk et Rosalía avaient enregistré un titre, Oral, dont les droits de diffusion ont été reversés à des associations environnementales et l’affaire avait motivé des manifestions à Reykjavik.
L’emploi -créé ou supposé- est bien entendu l’argument majeur des partisans de ces industries, mais l’attractivité touristique croissance de ces régions, qui échappent pour l’instant au surtourisme des environs de Reykjavik, offre d’autres perspectives de développement. Mais l'arrivée croissante de paquebots dans la baie de Ísafjörður (parfois 4 ou 5 en même temps) donne une idée de ce qui attend les écosystèmes locaux si la tendance se poursuit.
Ce sont ces tensions et enjeux que cette « slow expédition » a documentés et synthétisés dans l’exposition, laquelle reste d’autant plus d’actualité que les débats autour de la pêche ont très fortement pesé dans le choix des Islandais·es de ne pas reprendre les discussions avec l’Union Européenne en vue d’une éventuelle adhésion.
Galerie Ísland, septembre 2026